mercredi 13 janvier 2010

un p'tit dernier pour la route


J'ai enfin vu l'opéra de Sydney !
Depuis le hublot de l'avion.

Pendant la vingtaine d'heures en avion, largement le temps de rêvasser sur ce séjour downunder...et dresser une liste avantages/inconvénients sur la vie en Australie.
Donc, en vrac :

- le soleil,
- l'attitude décontractée cool-raoul "no worries mate",
- les restau où on rentre en tongs et short de bain,
- les TimTam,
- un vaste choix de bières,
- les bottleshop ouverts jusqu'à 23h,
- les belles plages désertiques,
- les grandes distances

- l'accent français tant apprécié,
- chantonner "la grosse bite à dudule" et passer pour quelqu'un de raffiné et romantique,
- faire ses courses dans les grands supermarchés au son de 'back in black', 'who made who', 'bad moon rising', bref avec du bon son...
- et plus généralement les stations de radio de l'outback qui passent du bon vieux rock des années 60...
- les caissiers et caissières, conducteurs de bus etc...toujours aimables, toujours !
- les bbq 'libre-service' au bord des plages et dans les parcs,
- aller surfer après le boulot, dans l'océan Indien, dans une eau à 25°c, jusqu'au coucher du soleil,
- les kangourous qui bondissent,
- les koalas qui font la sieste toute la journée
...et bien d'autres encore...


...à l'inverse :
- le "pain"
- la végémite
- bref, leur nourriture en général!
- le vin trop cher
- les grandes distances
- le cricket omniprésent (franchement quel sport ridicule et barbant!)
- et pi c'est tout.

Dans l'avion, en survolant le nord du pays, on a pu voir un gros orage dans le désert. Les éclairs qui fendent l'obscurité, j'ai trouvé ça beau. Transit à Singapour. Les écrans personnels pour regarder des films ne fonctionnaient pas la moitié du temps. Et j'arrivais pas à dormir, résultat ce fut des allers-retours entre mon siège et l'arrière de l'avion (bouffe et boissons), puis des allers-retours siège-les chiottes. Transit à Zurich. Après plus de 24h dans les mêmes fringues, je sentais pas très bon. J'étais entouré d'un halo de puanteur. Et puis c'est l'arrivée sous le soleil de la French Riviera. Fin du 1er chapitre.


Après je voulais mettre un diaporama des meilleures photos d'Australie, mais la taille du fichier étant trop grande, voilou.

Discover the playlist country home with Neil Young

Hommage


Hommage à toi, Rossinante, fidèle monture et hôtel occasionnel,
qui m'a transporté sans trop broncher sur plus de 20 000 km,
à travers les pistes désertiques, cahotiques, poussièreuses,
ces longues longues lignes
droites droites droites
et infinies
et désertiques.
A part ce bref excés de température à Broome, tu t'es montrée vaillante,
malgrès les petits bruits qui se multipliaient
sous ta carrosserie de plus en plus branlante.
Tu as su évité les kangourous et émeus imprudents.
Et je t'ai bradé sans vergogne, pour 600$,
loin des vastes plaines de l'australie occidentale que tu aimais tant.

Only you !







251 000 kms au compteur lors de notre séparation,

J't'e kiffai grAve!




Discover the playlist hommage with The Platters

Sin City

Tout petit message sur Sydney, alias Sin City, chantée par les troubadours locaux d'ACDC.

Mon dernier backpacker, situé sur Bondi Beach, la fameuse plage de Sydney où des culs bien bombés se font bronzer sous l'oeil baladeur des surfers.

Tout d'abord, vendre Rossinante, et avec le ca$h engrangé profiter de la ville avant de prendre l'avion.
Pas facile à vendre en fait...résultat j'ai passé une semaine à la plage, à attendre des acheteurs potentiels, puis je l'ai bradée...j'ai passé qu'une journée à Sydney même, et jsuis pas allé à l'opéra (il pleuvait).

En bordure de mer, exposition d'art contemporain :


Bondi (on prononce bon'daïe)

Pourquoi qu'il y a plein de n'enfants ici? Parce que la "sculpture" est une petite maison fabriquée avec des jouets, colorés, qui font de la musique, des bulles, des pouet-pouet...


Un cavalier, son cheval, et un beau chemisier rose





Des chaussures sablées


La piscine, l'océan, l'Australie...

Bondi beach de loin...


Le mythique drapeau du Surf Life Saving Club

Discover the playlist sin city with Guitar Instrumentals

mercredi 23 décembre 2009

Top of Australia

Un perroquet suicidaire, une autoroute en forêt et une montagne chocolatée.

Melbourne, le matin, je sors du ferry, je me perds dans la vaste banlieue. Pendant une heure j'enchaîne ratages d'intersections et mauvaises directions, c'est une horreur.
Trois semaines immergé dans la nature en Tasmanie effacées en moins d'une heure. Je suis passé d'un environnement quotidien constitué d'oiseaux et de sapins à un environnement débordant de voitures et camions. C'est moche, bruyant, polluant, et pour rajouter à la déprime je suis complètement perdu. J'imagine l'horreur qui m'attends une fois à Sydney.

Sur la route de Sydney, tel un boxeur professionnel j'effectue un crochet au Mont Kosciuszko, le point culminant de l'Australie, à 2228 mètres.

Sur la route je prends un perroquet en stop. Un cacatoès à huppe jaune, ces beaux perroquets blancs, qui peuvent apprendre à parler. Mais on discute pas beaucoup, car il est planqué entre la plaque d'immatriculation et le pare-chocs. Explication: je roule à gauche, normal, ce perroquet s'élance de son arbre côté droit, traverse devant moi alors je ralenti un peu pour lui laisser le temps de donner un coup d'ailes et faire demi-tour ou voler vers le haut (comme font les oiseaux généralement). Pas de bol (pour lui) il continue et PAF et dans le rétroviseur quelques plumes blanches virevoltent légèrement, mais aucune trace du volatil sur la route. J'imagine qu'il a impacté côté gauche, projeté sur les bas-côté, c'est pour ça que je ne l'ai pas vu. Merdouille j'me dis, p#tain mais quel idiot d'oiseau pourquoi il a pas volé vers le haut? Je continue la route. J'espère qu'il m'a pas niqué le moteur. Dans un champ je croise ses congénères, une bonne vingtaine, je leur fais un signe de la tête pour m'excuser, et leur signifier que Robert ne viendra pas dîner ce soir...Je change la musique sur mon ipod. Je pète un coup. J'ouvre la fenêtre en rigolant. La route est un peu abîmée et au passage d'une bosse j'entends un 'pof!' et vois dans le rétroviseur le perroquet qui fait des roulés-boulés dans un nuage de plumes. Je regarde le compteur: Coco a parcouru plus de 20 bornes coincé contre mon pare-chocs...je l'imaginais en train de l'appeler au secours...j'imaginais aussi la tête des autres voitures qui nous ont croisé...

Bref, la photo des dégâts:


(coco si t'es au paradis des perroquets sache que je t'aime d'amour)


Je continue sur la Barry Highway,l'autoroute en terre et graviers, très 'aventure', très sauvage, très 'si il t'arrive un souci t'es dans la merde'. Quelques photos du paysage...

Une rivière


On distingue ici le tracé de la Barry highway (en plissant les yeux on distingue mieux).


Caméra embarquée.

De longues heures de route et c'est l'arrivée dans l'état du New South Wales (nouvelle galles du sud). Au camping mon emplacement est à côté de motards, sympas. Jusqu'à ce qu'ils se mettent à jouer de l'harmonica.

Avec la carte old school qui va bien...


16$, le droit d'accès au Parc, valable 24heures, à 35minutes de voiture depuis le village. Le parc 'Snowy Mountains' est recouvert de neige en hiver, et les autochtones y viennent skier sur des montagnes ridiculement petites.
C'est le printemps, fonte des neiges, mais la nana à l'accueil du parc me prévient qu'il y a toujours beaucoup de neige. C'est ce qu'on va voir...d'abord traverser la rivière.

Des pierres sont intelligemment posées au milieu pour constituer un passage. La moitié sont malheureusement immergées. Et youpi paye ta traversée de l'eau glacée pieds nus à 9h du mat'. J'avais même pas un p'tit coup de gnôle pour me réchauffer la glotte. Je traverse. Je sèche. Je rechausse. 50 mètres plus loin, autre bras de la rivière, pieds nus, pieds mouillés, pieds glacés. Et rapidement je marche dans la neige. Je double un gars qui porte son snowboard, m'explique que la couleur beige de la neige est due aux tempêtes de poussière (sable?) et qu'après il a reneigé dessus. D'où l'effet "Iced coffee" ou "Iced chocolate".

J'ai l'impression d'évoluer sur un gigantesque dessert glacé dont les monts sont recouverts de chantilly.






Les Alpes Australiennes

Un lac glaciaire au loin...

Arrivé au point culminant, le randonneur même pas fatigué peut jouir d'une vue majestueuse sur la pénéplaine des Snowy Mountains.

La photo qui prouve que j'ai marché sur le toit de l'Australie.


LesAborigènes appelaient le sommet Tar Gan Gil. L'explorateur d'origine polonaise Strzelecki le nomma Kosciuszko en l'honneur de son compatriote-héros de guerre Kosciuszko.

En redescendant je fais pipi dans les toilettes les plus hautes d'Australie. Voila voila. Ca fera bien sur mon cv ça, ce goût du challenge...

Retour sans anicroches aucune.

Rien d'exceptionnel par la suite : je roule jusqu'à la tombée de la nuit, plante la tente sur une aire de pic-nic. Réveillé par un kookaburra au petit matin, avec son cri si spécifique :
Koo-hoo-hoo-hoo-hoo-ha-ha-ha-ha-haaaa.
Dernière journée sur la route, direction Sydney, fin du voyage.



Discover the playlist top with I-Three

Bridport, Launceston, Devonport,

Bon alors de façon générale, après le Freycinet NP, j'avais plus trop la "niaque" de voyager sur l'île...En fait j'avais plus d'objectif, Freycinet était l'apogée... par la suite je vagabondais donc l'oeil morne et le pas traînant le long des plages désertiques. J'exagère un peu. Je savais que le voyage touchait à sa fin, quelques jours ici, quelques jours pour aller à Sydney, quelques jours et puis retour. Et puis c'est ch#ant à force de voyager seul; ça a des avantages mais quand t'entames la conversation avec le rétroviseur ou le levier de vitesse c'est que tu te fais bien chier! Et la Tamanie, au printemps ou en hiver, éhbé les touristes ne s'y bousculent pas vraiment, (pas comme le WA ou NT où les vans de jeunes et vieux plus ou moins chevelus se croisent sans cesse). Ici tu peux faire copain-copain avec le paysan du coin, les retraités en caravane, ou ton levier de vitesse.

Bridport, mignon, tout petit, l'auberge de jeunesse familiale et conviviale, avec AC-DC à fond tu l'entends même dans la salle de bain. J'étais en train d'enlever les 3cm de crasse sur ma peau au rythme de 'Back in Black', croyant que c'était l'ado qui faisait péter la sono, bah non ducon, arrivé dans le salon je m'aperçois que le dvd il appartient à sa grand-mère, normal c'est son époque.

A part ça, ça va. Bridport, si t'as pas de canne à pêche, pas grand chose à faire si ce n'est déguster les vins tasmaniens. Là encore c'est terrible de voyager seul, impossible de tirer au sort le conducteur et le testeur! J'enfile alors les deux casquettes : capitaine dans la voiture, testeur en dehors de la voiture. C'est un bon système.

Arrivée sur Launceston, deuxième ville de Tasmanie, petite et mignonne, avec notamment ses macaques japonais:
Je comptais m'arrêter quelques minutes, je suis resté une demi-heure, fasciné dans l'observation de nos cousins et de leur comportement. Ils avaient un jeu, genre de "chat perché" : un macaque donne une claque sur le bras/tête et puis s'en va en courant,l'autre lui court après, la moitié des singes sautent sur place en hurlant, un autre tape sur la porte en fer-qui-fait-du-boucan, y'en a deux qui niquent brièvement, etc...tout le monde se calme, puis ça recommence!


Devant la bibliothèque de Launceston.

Ces sculptures sont l'oeuvre de Stephen Walker, également auteur des 12 "steppes sculptures" (cf.message 'Tasmaniaque').


Launceston se trouve au pied des gorges Cataract, dont l'encaissement lui permit d'être la première ville d'Australie éclairée grâce à l'hydroélectricité. Voilà pour la note éducative.

A l'époque, la mode était à a moustache et au chapeau.

Et voici un Echidna, ce truc qui ressemble à un gros hérisson et qui se roule en boule dès qu'il a peur.


Une si belle boule que tu distingue plus le cucul de la têtête.


Et un arrêt stratégique à Latrobe, pour deux raisons: le platypus géant et la chocolaterie.
Le platypus géant, dans la grande tradition des australiens qui construisent des trucs à taille démesurée pour attirer les touristes, ne décevra pas les amateurs de films d'horreur.

Le platypus, déjà à taille normale c'est pas franchement sexy, mais à taille géante c'est carrément immonde! Un vrai régal.

La cholaterie de Latrobe, 'La maison d'Anvers', fut fondée il y a une vingtaine d'années par un Belge. Une bien bonne idée. Le parking ne désemplit pas. Il y a un stand de dégustation au niveau du comptoir. J'ai pris tout mon temps pour commander. Ils font des glaces aussi, très bonnes.

Enfin, c'est le retour à Devonport, le ferry part à 21h00. Posé à la terrasse ensoleillée d'un bar, je me désaltère avec du houblon en attendant ma pizza. Je continue à lire 'the thunderbolt kid', et je regarde les passagers du ferry qui descendent. Beaucoup de caravanes et une concentration de motards. Je crois qu'il n'y a jamais eu autant de motos sur l'île. Ca n'arrêtait pas de défiler. Le soleil se couche peu à peu. En attendant la pizza, j'ai largement eu le temps de mener une étude statistique non exhaustive de la communauté des deux roues:
100% des motards portent un jean, un blouson en cuir, un gros bide et des poils au menton (barbe, moustache, bouc, favoris...), sauf les femmes (pour les poils au menton, quoique avec le casque on voit pas bien).
Une heure et 25 bières écoulées depuis ma commande, ma pizza arrive; ça valait le coup d'attendre elle est délicieuse.

Embarquement sur le ferry, comme à l'aller le bar est bondé, et zou lendemain matin 6heures on débarque sous le ciel grisonnant de Melbourne



Discover the playlist launceston with The Asteroids Galaxy Tour

Legerwood

Legerwood est un tout petit village du nord-ouest de la Tasmanie. Première maison fondée en 1859. Voie ferrée en 1911. 1914-1918 première guerre mondiale, ça chie des obus un peu partout.
Sur une population de moins de 5 millions d'habitants, 416 809 australiens s'engagent pour participer à la boucherie. Nombre de soldats furent envoyés en Egypte combattre l'Empire Ottoman. Les soldats de Legerwood, parmi d'autres, furent envoyés en France.
La grande boucherie totalisera 37 millions de blessés et 16 millions de morts. Dans l'armée des kangourous, plus de 150 000 blessés et 60 000 morts, soit 65% de victimes militaires, faisant de l'Australie un des armées les plus affectées. Les hommes de Legerwood auront fait des semaines de bateau pour 'libérer le monde' et finalement se faire trouer la peau sur le sol français sans jamais revoir leurs vertes prairies.
Le 5 octobre 1918, dans la rue principale de Legerwood, 7 conifères sont plantés en mémoire de ces soldats volontaires, et deux autres en mémoire de la bataille de Gallipoli (Gallipoli tree) et de tous les soldats australiens (Anzac tree).

En 2001 la taille de ces arbres est considérée dangereuse. Ne voulant pas détruire leur sylvestre mémorial, il est décidé en 2004 de sculpter dans ces conifères les silhouettes des soldats de Legerwood.

Les silhouettes prirent forme sous la main du sculpteur tasmanien Eddie Freeman.


La rue principale : son trottoir désert, sa rue déserte, sa ligne électrique, ses arbres sculptés, son ciel bleu...

Une plaque au pied de chacun des arbres nous donne les noms des victimes. (source : http://www.dorsetonline.org.au/trees.htm)

'John Charles Earnest Risley, blessé mortellement par un obus le 13 avril 1917, enterré à Bullecourt, France. Des soldats (dont le Caporal Risley) brûlaient des détritus dans un trou pour se réchauffer; la chaleur provoqua l'explosion d'une bombe enterrée. Le Caporal mourrut de multiples blessures 4 jours après son admission à l'infirmerie.'

'George Peddle, 25 ans, mort au combat le 13 octobre 1917 à Passchendaele, Belgique. Avant de s'engager, George travaillait dans une scierie.'

'John Henry Gregg McDougall, mort au combat le 13 octobre 1917 à Passchendaele, Belgique, âgé de 19 ans. Avant de s'enroler, John travaillait comme gardien à la gare ferroviaire.'

'Robert James Jenkins, originaire de Chasewater, Angleterre, mort des suites de ses blessures le 7 janvier 1917, âgé de 28 ans. Cette sculpture montre divers aspects de la vie d'un soldat.'

'William Henry Hyde, mort des suites de ses blessures le 7 juillet 1916, âgé de 28 ans, enterré à Estaires, France. William travaillait à la scierie de Legerwood.'



'Thomas Edward Edwards, mort au combat le 19 février 1918, âgé de 25 ans. La sculpture le montre faisant ses adieux à sa femme (au centre), ainsi que 10 autres sculptures: des soldats dans les tranchées et une nonne.'





'Allan Robert Andrews, mort au combat le 25 juillet 1916 à Pozières, France, âgé de 19 ans. Avant de quitter le pays pour la guerre il travaillait à la ferme familiale.'


'The Gallipoli tree'

'The Anzac tree'


Ce qui est frappant dans de nombreuses villes d'Australie c'est le nombre important de monuments aux morts consacrés aux soldats et victimes de la 1e guerre mondiale.
Parcourir des dizaines de milliers de kilomètres pour aller se battre contre d'autres jeunes gens...
bravoure, stupidité, ou un peu des deux?
Je méditais ces questions en mâchant mon casse-croûte à une des tables de pique-nique à proximité... tout en observant les quelques voitures qui s'arrêtent, daddy qui prend des photos et mummy prépare les sandwiches tandis que les zenfants jouent dans l'herbe, sous le ciel bleu azur de Tasmanie...
...et je me souvenais alors de cette chanson que chantait tonton Georges, le joyeux moustachu:

"...Qu'il est fou de perdre la vie pour des idées...
Aucune idée sur Terre est digne d'un trépas,
il faut laisser ce rôle à ceux qui n'en n'ont pas..."